
Commencons par le commencement, la ville de Douai est créée au 10 ème siècle par le compte Arnaud 1er, il détourne une proche rivière, la Satisse, qui deviendra la Scarpe. Ce cours d’eau devient un élément essentiel de l’histoire de la cité puisqu’il permettra à de nombreux commerces et industries de se développer. Ainsi, la menerie, la brasserie, la draperie, la tannerie vont enrichir la ville. Nous sommes ici sur la place d’Armes. Elle a gardé la meme configuratiuon depuis le Moyen Âge lorqu’elle accueillait le marché au blé. Le bâtiment dont nous sortons c’est l’hôtel du dauphin. Ne cherchait pas, le mamifère marin ne n’apparait pas sur la facade. Il se nomme ainsi parcequ’il se situe sur l’emplacement de l’ancien hôtellerie du Dauphin que la ville acheta en 1739. L’édifice actuel fut construit en 1756 par un architecte parisien. Ainsi, au 18eme siècle, Douai perd peu à peu son caractère flamand pour devenir française. Les immeubles tout autour ont été érigés après les destruction des Première et Seconde Guerres Mondiales. Aujourd’hui encore, la Place d’Armes, toujours très animée, reste la place principale de la ville.
Le Beffroi de Douai et son histoire
La plus belle tour de la région
Nous voilà face au plus beau beffroi de la région, selon Victor Hugo, qui le qualifiait « d’ensemble si amusant, si fou, si vivant ». Il a d’ailleurs été récemment inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Il date de l’époque médiévale, puisque sa construction débute en 1380.
Mais au fait, à quoi sert un beffroi ? Il a trois fonctions :
Réguler la vie quotidienne : Il abrite d’abord les cloches civiles, qui rythment la vie des habitants.
Assurer la sécurité : Ensuite, c’est une tour de guet. En cas d’attaque ou d’incendie, le nombre de coups de cloche indique la direction dans laquelle aller.
Symbole de liberté : Enfin, il a une fonction symbolique, puisque son existence atteste que la ville a acquis ses libertés communales.
Aujourd’hui, le beffroi possède toujours un carillon de grande qualité, composé de 62 cloches. Il est à l’origine de concerts et de festivals tout au long de l’année. Viennent alors à Douai les plus grands carillonneurs du monde entier.
À l’origine, c’est une tour d’angle, l’Hôtel de Ville ne comportant à sa construction qu’une seule aile. Par la suite, au XIXe siècle, une deuxième aile fut ajoutée car, à l’époque, en architecture, on aimait que les différentes parties des bâtiments soient parfaitement symétriques.
L’Hôtel de Ville s’appelait autrefois la Halle échevinat. Les échevins qui y siégeaient étaient l’équivalent des conseillers municipaux d’aujourd’hui. L’échevinage est donc l’ancêtre du conseil municipal.
Un symbole de vigilance
Passez sous la voûte. Vous serez alors plus au calme pour découvrir un autre point de vue.
Douai, aux frontières du Hainaut et de l’Artois, est la ville la plus au sud du comté de Flandre. Regardez tout en haut du beffroi : le Lion de Flandre, majestueux, veille.
(Fin de l’audio sur une mélodie jouée au carillon)
Nous voici devant le théâtre de Douai. Construit en 1785, il est toujours en état de marche, ce qui est plutôt rare. Sa façade est néoclassique, c’est-à-dire qu’elle évoque l’Antiquité. En architecture, on parle de longues lignes verticales et horizontales. Pensez au théâtre grec et romain, vous voyez ce que je veux dire ?
À l’intérieur, la salle est dite « à l’italienne », c’est-à-dire que tous les spectateurs, du parterre au balcon, sont de face. Ce n’était pas le cas, par exemple, dans les arènes antiques, dans lesquelles le public était placé tout autour de l’espace de jeu. Les décors du théâtre, préservés depuis le XIXe siècle, sont aujourd’hui classés monuments historiques.
À l’époque de sa création, plusieurs spectacles s’enchaînaient, matinées et soirées. Le silence n’était pas de rigueur. Le public mangeait, discutait, commentait. Le peuple avait sa place, tout en haut, au poulailler. On venait au théâtre pour voir, mais aussi pour être vu.
C’est ici l’occasion d’évoquer Marceline Desbordes-Valmore, puisqu’elle débute dans ce théâtre en 1802. Née en 1786 à Douai, cette comédienne devient ensuite poétesse et écrivain. Elle meurt en 1859, après avoir beaucoup écrit sur sa ville de Douai. Très appréciée des critiques en son temps, elle est aujourd’hui reconnue comme l’un des plus grands poètes de la première moitié du XIXe siècle.
Nous sommes devant l’Hôtel d’Haust. La famille d’Haust s’implante à Douai au XVe siècle, lorsque deux frères épousent deux jeunes douaisiennes. Construit au XVIIIe siècle, on dit que cet hôtel particulier est entre cour et jardin. Entrons d’abord dans la cour d’honneur.
Vous voyez le corps de bâtiment principal, qui était réservé à la famille, ainsi que deux ailes : l’une pour le personnel, l’autre pour les écuries. Et il y avait bien un jardin, de l’autre côté du corps central.
Observez l’étage noble. Lequel est-ce ? C’est le plus décoré, ici, le premier étage. Quatre statues de femmes en haut-relief représentent les quatre saisons : l’hiver avec sa torche, le printemps avec sa végétation luxuriante, l’été avec son soleil, et l’automne avec son chien de chasse. La devise de cette famille était : « Fruit des labeurs d’Haust ». Et oui, ils aimaient bien jouer avec leur nom.
En fait, ici, on fait connaissance avec les matériaux douaisiens : le soubassement en grès pour éviter les infiltrations, et les niveaux supérieurs en brique rehaussée de pierre blanche. Ici, nous sommes dans une demeure aristocratique, alors la brique est badigeonnée de chaux saumonée, et l’habituelle toiture de tuiles laisse place à l’ardoise, plus noble.
L’hôtel est vendu comme bien national en 1796. Il passe alors de main en main. Occupé par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale, il abrite ensuite les Houillères du Nord-Pas-de-Calais. Aujourd’hui monument historique, il appartient à l’État et il est le siège de la Cour administrative d’appel de Douai.
Nous sommes devant l’Hôtel de la Tramerie.
Ainsi, à Douai, au milieu d’habitations des plus simples, vous pouvez encore au détour d’une rue, découvrir des hôtels particuliers comme celui-ci ou l’Hôtel d’Aoust que nous venons de quitter.
Il est construit en 1649. Regardez, c’est inscrit sur la façade. C’est un brasseur, quelqu’un qui fabrique de la bière, qui l’érige dans un style baroque flamand. Les Pays-Bas sont alors espagnols, c’est ce qui explique le décor architectural plutôt chargé.
On retrouve les matériaux de l’Hôtel d’Aouust, le grès, l’ardoise, privilège de ces jolies demeures.
Cette place est dès le Moyen Âge spécialisée dans la vente du poisson d’eau de mer. Celui des rivières était alors vendu sur la place d’Armes avec le blé.
Au Moyen Âge, il y avait un bâtiment en bois, le “minck”, qui occupait le centre de la place et dans lequel le poisson était vendu à la criée et aux enchères décroissantes. Le terme “minck” signifiait « à moi ». Les acheteurs de poisson “minckaient” pour obtenir le prix le plus bas possible. Ce terme par la suite est resté, puisqu’il désignait une halle jusqu’au XIXe siècle.
La configuration de la place n’a pas bougé. Quelques maisons flamandes se distinguent même encore. Ce sont celles dont le toit est perpendiculaire à la rue. Ainsi, les façades sont plus étroites. Pratique, car au Moyen Âge on payait un impôt proportionnel à leur largeur.
Cette place, dédiée au commerce du poisson au Moyen Âge, fut reconstruite après les deux sièges de la guerre de Succession d’Espagne en 1710 et en 1712. On tente alors d’aligner les maisons, comme le préconise le règlement d’urbanisme de 1718. Regardez de l’autre côté, ces maisons du XVIIIe, parfaitement alignées les unes sur les autres.
Les matériaux douaisiens, grès, brique, tuile, sont imposés. Les maisons sont reliées entre elles par un cordon larmier qui a la même fonction qu’une corniche : éviter que l’eau ne ruisselle. Les toitures, quant à elles, sont assez pentues et séparées par de petits murets pour éviter la propagation des incendies.
En vous promenant, regardez bien autour de vous : ces maisons typiques sont encore un peu partout dans la ville.
Sur le fronton de cet immeuble de la fin du XVIIIe siècle cohabitent un coq et trois poules. Il fut construit par Monsieur Pouille et la tradition veut qu’en face, il y ait eu la maison de Monsieur Renard.
L’église Saint-Jacques, anciennement place Carnot, est détruite à la Révolution. En 1851, la ville décide de reconstruire cette paroisse et l’installer ici, dans l’ancienne chapelle du couvent des Récollets anglais, l’un des ordres religieux venus à Douai pendant la Réforme. En effet, certains catholiques venaient même se former à Douai pour repartir ensuite prêcher en Angleterre.
Mais revenons à notre chapelle. Elle est trop petite, il faut l’agrandir. C’est ainsi que l’architecte Grigny établit de nouveaux plans et prévoit un transept, un chœur, ainsi qu’un dôme au-dessus.
Après cette petite marche, nous voilà au Musée de la Chartreuse. La première cour abrite un hôtel particulier, érigé en 1559 dans le style de la Renaissance flamande avec sa tour carrée. Il appartient à la famille d’Abancourt, avant d’être agrandi par la famille de Montmorency. L’ordre religieux des Chartreux l’achète et rajoute la chapelle en 1722. Entre la première cour et la chapelle, il y a les bâtiments conventuels des Chartreux. Et il y a toujours un petit cloître qui a résisté aux destructions révolutionnaires. Le style très dépouillé de la chapelle est caractéristique de l’architecture jésuite. Les Chartreux sont chassés en 1793. L’armée réquisitionne le bâtiment pour en faire une cartoucherie. Le musée actuel s’y installe en 1958.
Si vous avez un peu de temps, offrez-vous une échappée à travers les siècles et les pays. La Hollande et l’Italie du XVIIe, la France du XIXe. Les collections du musée regorgent de richesses. Pour la petite histoire, au XVIIIe siècle, le père supérieur des Chartreux s’est enfui avec la mère supérieure de l’Hôtel-Dieu.
Allons-y de ce pas.
Ce bâtiment date des XVIIe et XVIIIe siècles. Il a pour vocation d’être un hôpital qui dispensait des soins, contrairement à l’Hôtel-Général en dépit de son nom. Il fonctionne jusqu’au XXe siècle. Le style du bâtiment est gothique, malgré sa date de construction. Vous pouvez remarquer les fenêtres à croisillons.
Maintenant, cherchez un petit point noir. Vous le voyez ? Et bien, il s’agit d’un boulet de canon qui date des sièges de 1710 et 1712, pendant la guerre de Succession d’Espagne.
Le Palais de Justice. Au XVIIe siècle, c’était le refuge de l’Abbaye de Marchiennes. Les moines s’y abritaient et y gardaient leur blé. D’architecture gothique, le bâtiment possédait des oculus. Dans la partie haute du bâtiment, des ouvertures rondes, bouchées aujourd’hui, permettaient d’aérer la pièce où était stocké le blé. Il y avait aussi, tout le long de la façade, de grandes arcades, ouvertes sur la Scarpe, grâce auxquelles les bateaux déchargeaient directement leur marchandise.
Bouchées elles aussi, elles sont redécouvertes au XXe siècle lors de la restauration. On décide alors d’en réouvrir trois pour rappeler le passé médiéval du bâtiment.
Au XVIIIe siècle, toute province française se doit d’avoir un parlement, qui est l’ancêtre du Palais de Justice. Celui de Flandre était situé à Tournai, mais bientôt, Tournai ne fit plus partie du Royaume de France et, en 1714, le refuge de l’abbaye devient le Parlement de Flandre.
L’architecte lillois Lequeux s’attaque à la façade principale qui donne sur la place de Pollinchove à la fin du XVIIIe siècle. Il y inclut, sous le fronton, des références à la justice : l’épée, la balance et le miroir sous forme d’allégorie, ainsi que les Tables de la Loi. Lequeux meurt à Lille, assassiné par un ouvrier avant d’avoir achevé son œuvre.
La Collégiale Saint-Pierre, paroisse des parlementaires, existe dès le Moyen Âge, mais elle est rebâtie à plusieurs reprises. Sa tour-porche est d’architecture gothique. Pourtant, vous pouvez remarquer qu’elle est vraiment trapue. C’est parce qu’en 1686, quand sa construction s’achève après plus d’un siècle, le gothique n’est plus à la mode. Alors, à la place d’une flèche, on décide d’y installer un balcon.
Le clergé souhaite que la tour atteigne la hauteur de 80 mètres pour dépasser le beffroi, qui appartenait aux échevins que nous avons évoqués tout à l’heure. Mais le sol s’avère trop meuble et elle ne mesurera que 43 mètres.
Le corps principal de l’église, de style classique, mesure 112 mètres de long. Montez sur le beffroi, vous aurez alors sur Saint-Pierre le plus beau point de vue possible.
À l’angle de la rue des Huit Prêtres se situe la plus ancienne maison de Douai.
Cette maison des Huit Prêtres, nommée ainsi parce que située à l’angle de la rue des Huit Prêtres, est la plus ancienne de la ville. C’est la seule maison authentiquement médiévale. On remarque son toit perpendiculaire à la rue. Ainsi, elle a pignon sur rue. Les colombages dévoilent le bois, très présent dans cette construction. Elle dénote parce qu’elle n’est pas alignée sur les autres.
Cette drôle de maison, classée, est appelée familièrement la maison Tournesol. Elle est construite en 1906, selon les principes de l’Art nouveau, riche en courbes, en arrondi. Son architecte, Peppe, est le fils de celui qui a construit la partie néo-gothique de l’hôtel de ville. Ainsi, en une génération, le changement de style est vraiment radical.
Nous l’avons évoqué tout à l’heure, voici l’Hôpital Général. Vous pouvez rentrer directement dans la cour d’honneur.
Il date du milieu du XVIIIe siècle. Il n’a donc pas de vocation hospitalière, mais se veut un abri alors que les maisons de charité sont supprimées. Sous Louis XV, c’est le principe du grand enfermement : un pauvre est un handicap pour la société, donc on l’enferme, on le nourrit, mais on le fait travailler.
Le bâtiment, en grès et en brique, est construit en respectant le principe de symétrie de l’époque selon un plan quadrangulaire dans lequel s’inscrit une croix. Cette croix forme quatre ailes : une pour les femmes, une pour les hommes, une pour les jeunes filles, une pour les jeunes garçons. Elle communique au rez-de-chaussée par la cuisine, qui s’appelle la tour au pain, et au premier étage par la chapelle. Le bâtiment, par la suite, fut longtemps exploité comme hospice.
Vous pouvez encore remarquer, en face de vous lorsque vous êtes dans la cour d’honneur, la date du 22 juillet 1752 sur le fronton de l’entrée principale. C’est la date à laquelle fut posée la première pierre de l’hôpital par Monsieur de Pollinchove, le premier président du Parlement de Flandre.
Enfin, quand vous sortirez du bâtiment, jetez un coup d’œil sur le fronton extérieur. Il est l’œuvre du sculpteur Théophile Bra, et il représente la charité, qui, sous son manteau, protège la veuve et l’orphelin d’un côté, et le vieillard de l’autre.
Nous sommes devant la porte de Valenciennes, qui s’appelait porte Notre-Dame jusqu’à la Révolution. C’est ici que se situait l’enceinte des XIVe et XVe siècles.
Au départ, elle ne comporte qu’un seul passage. Elle va subir de nombreuses transformations, jusqu’à voir se créer deux passages latéraux pour faciliter la circulation routière en 1880.
Mais imaginez-vous que vous êtes ici à l’origine même du rattachement de Douai à la France, puisque Louis XIV entre pour la première fois dans la ville par cette porte de Valenciennes en 1667.
Voici l’église Notre-Dame. On peut dire que par sa longue vie, elle évoque pour les Douaisiens l’histoire de leurs ancêtres. Cette église Notre-Dame est une petite chapelle hors des murs de la ville dès 1175. Elle est construite assez loin pour servir de point de départ en cas d’attaque. Elle devient paroisse en 1257 car le faubourg s’est considérablement développé, la population considérablement accrue.
Au XVe siècle, après deux siècles de travaux, elle passe de chapelle à église. C’est de cette époque que datent les parties les plus anciennes de l’édifice actuel.
Elle est très endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est alors restaurée et réouverte en 1980. C’est actuellement la seule église médiévale de Douai.
Nous voilà à la fin de notre parcours. Mais si vous en avez le temps, avant de regagner l’office de tourisme, entrez regarder les vitraux.
